Le régionalisme et l’urgence de la cohésion sociale

Le régionalisme est une problématique « tabou » pour certains, grave pour d’autres et peut-être sans importance pour une troisième catégorie de personnes ; mais une chose est sûre : la question du régionalisme est une réalité tangible au Bénin et ne laisse personne indifférent.

De nombreuses situations et comportements désormais érigés en normes interpellent la conscience nationale tant, ils brouillent progressivement les repères indispensables à la construction d’une nation. Des décisions, discours et positions politiques sont désormais analysés dans l’opinion à travers le prisme des clivages socio-ethniques et de l’instrumentalisation des liens socioculturels à des fins politiques. La pratique du quota dans les concours de recrutement à la fonction publique, les débats récurrents sur la nécessité de respecter le développement équilibré dans l’aménagement du territoire et le respect de l’équilibre interrégional dans les nominations politiques agitent souvent l’actualité sans qu’aucune sans loi ou texte réglementaire ne les aient consacrés. Mais si le régionalisme se lit dans les actes et les choix politiques et est même cité parmi les déterminants du vote au Bénin, il est hissé au rang de tabou.

C’est dans ce cadre que la Fondation Friedrich a organisé sa troisième « soirée politique » autour du thème : « Le régionalisme et l’urgence de la cohésion sociale ». Les positions défendues par les intervenants ont révélé une inquiétude doublée d’agacements et d’indignation face à ce phénomène pernicieux. Après avoir exploré les symptômes, les manifestations et la médication correspondante, on se rend compte que le chemin est encore long de la situation actuelle à l’éradication du régionalisme.