Les orientations pour le système partisan au Bénin

Le vendredi 14 Août 2015 s’est tenue dans les locaux de la Fondation Friedrich Ebert à Cotonou la 7ème soirée politique sur le thème exploratoire d’une ’’Projection des réformes après 2016 : quelques orientations pour le système partisan au Bénin’’.

Le panel qui a été modéré par M. Donklam ABALO, journaliste et directeur de Soleil FM, a réuni Mme Célestine ZANOU, femme politique et Présidente de la Dynamique du Changement pour un Bénin Debout ; M. Amos ELEGBE, conseiller politique de l’Alliance FCBE ; M. Paul DEHOUMON, membre du parti Force Clé et du bureau politique de l’Union fait la Nation; M. Vincent FOLY, journaliste éditorialiste et Directeur de Publication de La Nouvelle Tribune ; M. Francis LALEYE, diplomate et expert en gouvernance.

A la préoccupation de savoir comment apprécier l’option du multipartisme intégral faite à la Conférence Nationale qui s’est traduite par la création débridée de partis politiques au gré des moyens et des humeurs de leurs fondateurs, les panelistes ont unanimement reconnu qu’en réalité, le faux pas est parti de la Conférence elle même car les débats ont été alors faits autour des personnes et non sur la base d’idéologies.

De fait, 25 ans après la Conférence, le paysage politique béninois est difficilement maîtrisable et malgré l’encadrement juridique de la charte des partis politiques, ces derniers fonctionnent comme des clubs électoraux ou des groupements d’intérêts économiques, d’où la nécessité de réfléchir et faire des propositions concrètes à la future équipe qui dirigera le pays au sortir des élections de février 2016.

Au terme d’une soirée qui a duré plus de deux heures d’horloge, on peut retenir essentiellement que la quasi-totalité des participants à la septième Soirée Politique de la Friedrich-Ebert-Stiftung a apporté des réponses pertinentes à ces questions, avec la contribution très active d’un public attentif et enthousiaste. De façon globale, l’unanimité semble se faire autour de la nécessité de clarifier le paysage politique béninois en allant vers des regroupements fondés sur les idéologies et non sur les individus. Le pluralisme politique doit demeurer le principe, mais des réformes conséquentes doivent être opérées, notamment en ce qui concerne le fonctionnement des partis, les alliances, le financement, etc. Toutefois, si les opinions semblent converger sur la nature des réformes, des divergences subsistent sur l’approche et le contenu. D’où cette recommandation forte qui ressort de toutes les interventions : « Nous devons nous asseoir et discuter ».

Le débat s’est déroulé devant un auditoire aussi divers que varié. Etaient présents quelques personnalités politiques comme M. Emmanuel Golou, Mme Amissetou Affo Djobo, des responsables OSC, des professionnels des medias, des universitaires et des jeunes activistes politiques.

Les participants ont aussi unanimement interpelé le Ministère de l’Intérieur du Benin, en charge des partis politiques, de prendre en compte les recommandations pertinentes de ce débat dont la plaquette sera très prochainement disponible au niveau de la Fondation Friedrich Ebert, pour répondre objectivement aux orientations préconisées en vue d’une démocratie plus dynamique au Bénin au sortir des élections de 2016.