Etude sur le paysage syndical au Togo

Le rôle traditionnel des syndicats est de contribuer à améliorer les conditions de vie et de travail de leurs affiliés, assurer la sécurité sur les lieux du travail ainsi que protéger l’emploi et la sécurité des revenus. Les syndicats togolais ont toujours accompli cette obligation depuis leur implantation avec des résultats variés selon les périodes. Pour ce faire, ils se mettent au service de leurs affiliés à travers les fonctions classiques de représentation, de défense, de formation, d’éducation et de solidarité.

Depuis les indépendances et en dépit des efforts des leaders syndicaux, les élections pluralistes au Togo n’ont pas conduit à une alternance au pouvoir. Cette situation de fait a influencé le paysage syndical et amené les syndicats à aller au-delà de leur rôle traditionnel pour proposer, parfois, des motivations non salariales et non statutaires en dehors des accords collectifs classiques.

D’un monolithisme syndical caractérisé par une centrale unique, le paysage syndical est passé à un pluralisme marqué par l’existence de plusieurs centrales ou confédérations syndicales, une pensée plurielle et une aspiration à une gestion démocratique de ces organisations syndicales au regard des dispositions de la convention 87 de l’OIT.

Avec le libéralisme économique et les contraintes de la mondialisation, la protection des droits syndicaux et des travailleurs est devenue plus qu’une nécessité à travers la promotion et le renforcement du dialogue social pour faire aboutir les revendications des travailleurs.

Malgré ces défis socioéconomiques immenses qui interpellent les syndicats, le paysage syndical du Togo est caractérisé par un déficit de concertation et de consultations régulières entre les parties prenantes au dialogue social. Cette situation est due au fait que l’unité d’action syndicale, gage de l’efficience des syndicats, a fonctionné avec des limites.

Elle se caractérise aussi par une grande fragmentation du mouvement syndical, une tension sociale permanente, une propension à l’utilisation de la grève comme seul moyen de règlement des conflits sociaux, une faiblesse notoire de la négociation collective, un déficit de proposition d’alternatives idoines nécessaires à la négociation etc.

Un des faits majeurs ayant marqué la vie syndicale au Togo au cours de l’année 2013 est la création d’un mouvement syndical presque spontané, la Synergie des travailleurs du Togo  (STT). Quelle que soit les avis partagés des acteurs sociaux, ce mouvement a marqué et marquera encore durablement le paysage syndical togolais vu que la STT est aujourd’hui devenue la septième centrale syndicale au Togo depuis le 6 février 2015.

Il se pose donc aux centrales et confédérations syndicales les défis d’adaptation de leurs rôles, d’élaboration de stratégies et réflexions profondes sur leur fonctionnement pour répondre à ces grandes mutations.

Ce sont ces constats qui ont motivés la Friedrich Ebert Stiftung à commanditer la présente étude intitulée Etude sur le paysage syndical au Togo. Elle fait suite au séminaire de réflexion portant sur le thème « les enjeux et les perspectives de l’unification des organisations syndicales des travailleurs au Togo » que la Fondation Friedrich Ebert a organisé en 2013 en collaboration avec la Confédération Syndicale Internationale (CSI) Afrique.

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