Etude sur le paysage syndical au Bénin

Depuis les indépendances, les syndicats au Bénin ont joué leur rôle traditionnel dans le combat pour un mieux-être des travailleurs et ont souvent été à l’avant-garde des luttes d’émancipation du peuple béninois. Bien qu’en proie depuis quelques années à de crises internes profondes, le mouvement syndical national reste une force puissante et dynamique en faveur de la justice sociale et économique pour les affiliés à travers les fonctions classiques et au-delà. En effet, les problèmes récurrents de gouvernance politique, économique et sociale ont souvent impacté l’action syndicale et ont conduit les organisations de travailleurs à sortir de leur rôle traditionnel de représentation, de défense, de formation, d’éducation et de solidarité pour proposer, parfois, des motivations non salariales et non statutaires en dehors des accords collectifs classiques.

Les expériences politiques successives du pays ont impacté à plusieurs reprises le paysage syndical national. Il est passé d’un multi-syndicalisme panafricain actif au service de la lutte pour les indépendances à un activisme syndical complice d’une instabilité politique marquée par un nombre record de coups d’Etat (période 1960-1972), puis contraint à un monolithisme syndical caractérisé par une centrale syndicale révolutionnaire unique (période 1972-1990) pour retrouver enfin le multi-syndicalisme depuis le renouveau démocratique (1990 à ce jour).

Les défis de la mondialisation imposent un certain nombre d’équations difficiles et nouvelles à résoudre aux organisations syndicales béninoises. Un monde en perpétuelle mutation appelle de la part des organisations sociales une capacité réelle d’adaptation. L’informalisation croissante de l’économie, la question du chômage et du sous-emploi, l’amenuisement de la protection sociale des travailleurs sont autant de phénomènes qui mettent à mal l’exercice des droits syndicaux et compromettent l’avenir du syndicalisme. Par conséquent, il est devenu plus qu’une nécessité pour les syndicats de procéder aux changements nécessaires de leurs stratégies pour faire aboutir leurs revendications.

Malheureusement, malgré ces défis, le paysage syndical béninois a continué à s’atomiser. On note une grande fragmentation du mouvement syndical, une tension sociale permanente, une propension à l’utilisation de la grève comme seul moyen de règlement des conflits sociaux, une faiblesse notoire de la négociation collective et un déficit de propositions alternatives idoines nécessaires à la négociation. Les quelques tentatives d’unité d’action syndicale, gage de l’efficience des syndicats, ont fonctionné et fonctionnent avec des limites.

Un des faits majeurs ayant marqué la vie syndicale au Bénin au cours de ces dernières années reste la création tout azimut de grandes intersyndicales qui concurrencent sérieusement les confédérations et centrales syndicales dans leurs actions auprès des militants. Quels que soient les avis des acteurs sociaux, ces mouvements ont marqué et marqueront encore durablement le paysage syndical béninois. En effet, les leaders de ces regroupements ont réussi à se positionner comme des interlocuteurs principaux du gouvernement malgré la présence des huit centrales syndicales formelles qui devraient se sentir interpellées pour procéder à une remise en cause de leur mode de fonctionnement.

L’Etude sur le paysage syndical au Bénin se propose de voir les mutations subies par le paysage syndical béninois à travers son évolution et d’explorer avec les acteurs majeurs, les perspectives qui s’offrent aux organisations syndicales dans ce contexte de précarité et de remise en cause des acquis sociaux.

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