Dixième Soirée Politique: la dévaluation du Naïra au centre des préoccupations

Depuis 2015, l’économie nigériane est dans une phase de récession due à la baisse drastique du prix du pétrole sur le marché international. Cette récession économique est marquée par la baisse des ressources d’exportation (ressources en devises) affectant négativement la balance des paiements et le taux de change de la monnaie domestique que constitue le Naïra. La dévaluation du Naïra imposée par la baisse des recettes d’exportation a rendu l’économie béninoise moins compétitive par rapport à celle du Nigeria.

S’inscrivant dans ce contexte, La Fondation Friedrich Ebert a organisé sa dixième  soirée politique qui s’est  donnée pour ambition de faire une analyse prospective de la conjoncture économique au Nigéria afin d’en cerner les impacts sur l’économie béninoise et relancer le débat sur les politiques idoines qui prennent en compte les opportunités qu’offre la proximité du Bénin avec le Nigeria.

La soirée politique s’est tenue de 17h 30 à 21h 30. Au total,  elle a réuni environ 200 participants qui ont contribué au débat interactif avec le panel. Le public était composé  d’anciens ministres, des parlementaires, d’opérateurs économiques représentant le patronat et la chambre et d’industrie du Bénin, plusieurs acteurs de la société civile et des représentants du corps diplomatique ainsi que des chercheurs et des jeunes. Le panel était composé du Professeur John Igue, Directeur du LARES, ancien ministre du commerce, Mr Mouftaou Laleye, ancien ambassadeur du Bénin au Nigeria, Dr Euloge Houngbo, Coordonnateur du cadre Intégré représentant le ministre du commerce et Mr Shegun Adjadi Bakari , professeur d’université.

​​ Les échanges ont tourné autour de trois grands axes à savoir :

  • Qu’est-ce qui explique la conjoncture économique actuelle (récession) au Nigeria ?
  • En quoi cette conjoncture a des impacts sur le Bénin ?
  • Quelles sont les implications de politique et de gouvernance qu’impose au Bénin, sa proximité avec le Nigéria ?

Pour comprendre la conjoncture économique au Nigéria il faut associer trois facteurs à savoir : la fin de la prospérité liée au pétrole avec la négligence de filières complémentaires, l’insécurité, notamment dans le nord du Nigeria, avec BOKO HARAM, les premières actions de lutte contre la corruption menées par le gouvernement BUHARI.

La dépréciation du Naira a été aussi discutée. Pour les panélistes « sans une autorité monétaire forte, on ne peut pas avoir une monnaie unique ». Ils ont insisté sur le fait que le Nigéria a quelques problèmes structurels qui impactent négativement le taux de change de la monnaie locale qu’est le Naira.

Sur la question de l’impact sur l’économie Béninoise Dr Euloge HOUNGBO, représentant le Ministère de l’industrie et du commerce a expliqué les corrélations économiques qui existent entre la récession au  Nigéria et les fondamentaux de l’économie béninoise. A tous les niveaux, a-t-il précisé, la situation au Nigéria impacte l’économie béninoise. Il est clair, reconnait le Professeur John IGUE que « quand le Nigéria tousse, le Bénin est enrhumé ».

Sur les implications de politique et de gouvernance qu’impose au Bénin, sa proximité avec le Nigeria, le panel confirme que ce pays est un atout économique pour le Bénin, qu’il convient d’appréhender structurellement à travers les politiques de développement (en partant de l’éducation au sens large). Les panélistes ont indiqué plusieurs pistes de réformes, dont, notamment la mise en place d’une structure de veille stratégique s’occupant exclusivement du Nigéria. La nécessité de développer la coopération décentralisée, en créant des plateformes entre des opérateurs économiques du Nigeria et des opérateurs économiques du Bénin

Des orientations et souhaits complémentaires ont été formulés par le public présent et quelques opérateurs économiques dans le but de profiter des niches et opportunités de croissance liées aux relations commerciales avec le Nigéria.