La privatisation de la sécurité en Afrique de l’Ouest

Le thème de la « Privatisation de la sécurité dans l’espace CEDEAO », fut le centre d’intérêt d’une conférence qui a réuni du 11 au 13 juin 2014 dans les locaux de la Fondation Friedrich Ebert à Cotonou, Bénin, des participants venus du Togo, du Ghana, du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et du Bénin ainsi que des experts nationaux et internationaux.

a conférence avait pour objectif essentiel de faire l’état des lieux de la privatisation de la sécurité dans l’espace CEDEAO et son impact sur la gouvernance du secteur de la sécurité. A cet effet, ladite conférence a donné l’occasion a divers intervenants et experts, d’évaluer l’ancrage du phénomène de la privatisation de la sécurité dans la sous région, mais aussi de clarifier les prérogatives qui incombent aux uns et aux autres (Etat et individu) en matière de renforcement de la sécurité humaine.

Tout au long des trois jours, diverses présentations ont permis d’éclairer les participants sur entre autres, l’« Etat, insécurité, sécurité et privatisation de la sécurité en Afrique », présentée par le Professeur Dominique BANGOURA ou « l’utilité de la prise en compte du genre dans la sécurité privée » du Professeur Odile ATTANASSO. Il est a retenir que le secteur de la sécurité privée prend une proportion grandissante du fait de la régularité des conflits en Afrique de l’Ouest. Les acteurs de ce secteur sont régulièrement de plus en plus sollicites, au détriment des corps de sécurité publics habituels, pour répondre a des besoins de reconstruction post conflit, de renseignement, de déminage, d’expertises paramilitaires de toute sorte. Du fait de leur expérience professionnelle et de célérité des résultats qu’ils procurent aussi bien aux gouvernements qu’aux multinationales ou aux personnes privées individuelles, les acteurs prives de la sécurité sont tantôt utile pour le développement mais pourraient constituer de véritable danger pour la gouvernance du secteur de la sécurité, si un recours systématique et exclusif leur est offert.

Les participants ont procédé en dernière partie de ladite conférence à l’élaboration de différentes recommandations pratiques face a l’impact que peuvent constituer les EMSP. Plusieurs recommandations notamment  le renforcement les textes sur la circulation des armes, la création d’un observatoire régional pour la régulation, le suivi-évaluation des EMSP et l’identification des zones clefs où les entreprises privées peuvent participer à la sécurisation ont été formulées à l’endroit de différentes institutions telles que la CEDEAO, et à l’endroit des gouvernements de la sous-région.