L’éducation et l’emploi au Bénin

Portant sur la thématique générale de la problématique de l’éducation et de l’emploi au Bénin, la  quatrième session de formation du programme JLB 2014 a démarré le jeudi 25 septembre 2014, au siège de la Friedrich-Ebert-Stiftung (FES), par un déjeuner d’échanges avec  le Professeur Paulin HOUNTONDJI, ancien Ministre de l’Education Nationale et Président du Conseil National de l’Education. Le thème qui a été au cœur des débats de 13h à 15h était intitulé : « L’urgence d’une politique stable et durable en matière d’éducation au Bénin ». Au cours de son exposé, le Professeur a rappelé les origines du système éducatif au Bénin et les différentes réformes qui sont intervenues dans ce système depuis 1961 – entre autres celle de 1973 et de 1990 qui ne s’inscrivaient que dans la logique de former des employés pour la fonction publique.

La suite de la quatrième session du programme de formation des jeunes leaders du Bénin (JLB), initié par la FES, s’est tenue du 26 au 28 Septembre 2014 à l’hôtel la Madeleine à Lokossa. A travers des communications et panels d’échanges, plusieurs personnalités et communicateurs ont partagé leurs expériences avec les jeunes. La communication introductive en panel a été effectuée conjointement par Monsieur Martin OGOUSSAN, Directeur Adjoint de la Planification et de la Prospective au Ministère de l’Enseignement Supérieur et Monsieur Emmanuel DAVID-GNAHOUI, Chargé de Mission au Ministère de l’Evaluation des Politiques Publiques. Les intervenants ont fait un développement sur l’Etat des lieux du système éducatif au Bénin et la nécessité des réformes dans ce secteur afin de le rendre plus conforme aux exigences du marché du travail. Il ressort des interventions des deux experts que :

  • Le système éducatif béninois est un système exposé à des contraintes démographiques et macroéconomiques ;
  • Il existe des efforts remarquables en matière de scolarisation mais des défis majeurs persistent ;
  • Le marché du travail est dominé par le secteur informel et caractérisé par un secteur d’emploi moderne avec un taux de chômage très élevé ;
  • Des disparités de genre existent en termes d’accès aux différents niveaux d’enseignement.
  • La nécessité des réformes passe indubitablement par la supervision et la recherche pédagogique, la recherche technologique et la mise en avant des mécanismes de publication et de vulgarisation, la promotion de l’apprentissage de type dual, la création des programmes de bourse d’étude d’excellence au secondaire et la formation et le recrutement d’enseignants de matières scientifiques, la réalisation des infrastructures pour l’enseignement scientifique, technique et professionnel, la création des écoles normales, techniques et scientifiques, la reprise des dialogues avec les communes pour renforcer leur engagement à la gestion de l’école et la création d’un Fonds National pour l’Education et la Recherche.

L’intervention suivante a porté sur les Nouveaux Programmes d’Enseignement et leur impact sur le système éducatif et a été conduite de main de maître par Madame Evelyne KANEHO, Ancienne Ministre de l’Education Secondaire et de la Formation Professionnelle. Madame Kaneho a insisté sur le fait que malgré l’opportunité et les atouts de l’Approche Par les Compétences (APC), le système éducatif n’enregistre que de piètres résultats en termes de performance et du niveau des apprenants. Epousant sa thèse, le discutant au débat, Monsieur Anselme AMOUSSOU, enseignant pratiquant les nouveaux programmes et syndicaliste, a ajouté par des témoignages d’expériences vécues, que techniquement ledit programme n’est pas mauvais en lui-même mais que ce sont les conditions de sa bonne mise en œuvre qui ne sont pas réunies. Ce qui interpelle les dirigeants à identifier les solutions idoines pour adapter l’APC aux réalités béninoises.

La soirée de cette première journée a été meublée par la communication de Monsieur Emmanuel GUIDIBI, expert conseil en économie de développement, en management et en marketing, et PDG du Cabinet Afrique Conseil. Il a entretenu les jeunes leaders sur les stratégies pragmatiques et efficaces pour répondre durablement aux défis de l’emploi des jeunes au Bénin. Il a signalé que le Bénin n’a pas encore enclenché les fondamentaux pour qu’on parle de stratégies pragmatiques. Ainsi, il identifie comme principaux canaux pour relever le défi de l’emploi, l’entreprise qui doit être placée au cœur de l’économie d’une part, et la formation d’apprenant-créateur d’emploi d’autre part. Il a ainsi ébauché des stratégies idoines qui pour lui passent par le changement de paradigme dans tous les domaines de notre vie nationale, la promotion de l’innovation et de la culture entrepreneuriale, la remise en cause de l’allocation des ressources et des principes budgétaires et l’amélioration de l’environnement des affaires.

Cette session a été également marquée par une visite de travail à l’antenne régionale de l’ANPE à Lokossa au cours de laquelle Monsieur Maurile ZANOU, assistant du DG de l’ANPE chargé du suivi-évaluation de la communication, a présenté l’expérience de l’ANPE comme l’une des réponses concrètes à la problématique de l’emploi des jeunes au Bénin. La présentation des activités du Centre de formation, de production et de transformation agroalimentaire d’Athiémé de l’ONG ASPEL présidé par Monsieur Ghislain ZINSOU suivi de la visite de terrain fut un moment d’intenses échanges avec les jeunes leaders qui ont compris qu’avec peu de moyens financiers et une bonne dose de courage et d’innovations, on peut entreprendre au Bénin.

La Friedrich-Ebert-Stiftung exprime une fois de plus sa reconnaissance à l’ensemble des experts et des communicateurs et de tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont apporté leur pierre à l’édifice pour que cette quatrième session du programme de formation des jeunes leaders soit une réussite.