La 2ème édition de tribune des syndicats « Comprendre pour mieux agir » organisée par la fondation Friedrich Ebert en partenariat avec les centrales syndicales a eu lieu mardi 30 juillet à la bourse du travail à Cotonou. Les échanges ont porté sur les implications de l’encadrement du droit de grève au Bénin.

Annoncé il y a quelques jours, le deuxième rendez-vous de la tribune des syndicats « comprendre pour mieux agir de la Fondation Friedrich Ebert a eu lieu.  C’était ce mardi 30 juillet 2019 à la Bourse du travail. Elle est une initiative de la Fondation Friedrich Ebert en partenariat avec les centrales syndicales. Le débat a porté sur le thème : « le droit de grève et ses implications sur le syndicalisme au Bénin ». Pour le représentant résident de la fondation Friedrich Ebert, Dr Hans-Jaochim Preuss, le choix porté sur cette thématique n’est pas anodin. « On constate une certaine limitation du travail des syndicats et des confédérations syndicales. Pour pouvoir mieux agir à l’avenir, pour développer des stratégies, il faut d’abord comprendre de quoi il s’agit à travers cette tribune organisée avec les centrales syndicales », a-t-il indiqué.

 Pour Anselme Amoussou, Secrétaire Général de la Centrale des Syndicats Autonomes du Bénin, cette tribune des syndicats sur l’initiative de la FES est une opportunité. « Le droit de grève nous en parlons beaucoup c’est derniers temps. Depuis qu’une loi est arrivée pour nous encadrer dit-on, pour restreindre notre liberté de grève, cette tribune nous donne l’occasion de faire le débat qui est un débat de fond sur la pratique syndicale sur l’exercice non seulement du droit de grève, mais surtout sur l’exercice du droit syndical », a-t-il reconnu. Le leader syndical a aussi avoué qu’avec l’avènement de la nouvelle loi sur le droit de grève, les mouvements des syndicats ont été très « approuvés ».

La loi sur le droit de grève passée au crible

Conformément à la préoccupation à l’ordre du jour, Gildas Nonnou, Docteur en droit privé, Juriste-Consultant, Président de l’Association pour la Promotion des Droits Fondamentaux au Travail a planté le décor au travers d’une réflexion critique de la loi sur la grève au Bénin. À cet effet, il a fait savoir que même « S’il est encore tôt pour évaluer l’impact des mesures restrictives du droit de grève sur la performance de l’administration au Bénin, il n’en demeure pas moins que certains effets sont perceptibles ». À l’en croire, « le retrait du droit de grève à certain agent du secteur public, leur encadrement pour le moins rigoureux pour d’autre appelle à de nouvelles stratégies et comportement de la part des partenaires sociaux, des pouvoirs publics et des organisations syndicales ». Face à ce changement de paradigme, l’homme de droit a fait au cours de sa réflexion quelques propositions.  Selon lui « les organisations de travailleurs doivent davantage se reconcentrer sur les fonctions essentielles du syndicat notamment les fonctions normatives, représentatives, sociales, éducatives et leur fonction revendicative ». De même, il a recommandé que « les syndicats doivent revoir leur mode opératoire, ils doivent dorénavant se montrer beaucoup plus flexibles en manifestant la volonté d’aller au dialogue, de discuter, de négocier, de recourir au besoin aux organes qui peuvent les appuyer pour obtenir gain de cause ».

Un texte légal à polémique

Au cours du débat qui a duré près de deux heures d’horloge, les acteurs et experts syndicaux, notamment Noël Chadaré, Secrétaire Général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin, Daniel Ataigba, expert Syndical ; Leslie Odoulami, jeune membre de la Confédération des Syndicats Autonome du Bénin et Mathurine Sossoukpè, Secrétaire Général Adjoint de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin,  tout en reconnaissant la légalité du nouveau texte ils ont remis en cause sa légitimité. Pour eux, cette loi ne part du contexte historique du Bénin qui avant la conférence nationale des forces vives de la nation a connu une longue période de privation de libertés et de déni des droits des travailleurs. Pour les panélistes, les syndicats peuvent respecter les exigences de la nouvelle loi et paralyser les secteurs stratégiques de l’Etat. D’où l’importance du dialogue social, sel instrument de gestion des crises sociales.

 

 

 

 

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