Quelques mois après la collecte et l’analyse des données recueillies dans l’univers médiatique béninois, les conclusions du rapport du Baromètre des médias Africains(BMA) sont tombées. Elles ont été rendues publiques mercredi 10 juillet 2019 par la fondation Friedrich Ebert Stiftung à la faveur d’une « Soirée politique », qui s’est tenue au siège de la FES à Cotonou.

Le rapport du Baromètre des médias Africains (BMA), Bénin 2018 est sorti. Il a été officiellement présenté au public mercredi 10 juillet 2019 au cours de la « Soirée politique » sous l’initiative de la fondation Friedrich Ebert Bénin. 


 Dr Hans-Joachim PREUSS


Pour le représentant résident de la FES, Hans-Joachim Preuss,  ce baromètre était opportun après 25 ans de soutien de la fondation Friedrich Ebert à la démocratie .  « Nous avons constaté pendant cette période que la liberté de la presse est un pilier de la démocratie. Parce qu’une presse libre, une presse indépendante, une presse viable sont des composantes importantes  et une presse libre à la responsabilité d’informer la population sur les évènements nationaux et internationaux. Un autre rôle qui est attribué aux médias est de porter l’opinion publique aux décideurs politiques. Aussi, doivent-ils avoir un regard critique sur les actions des responsables au niveau politique, économique et social », a-t-il souligné.


    Dr Wenceslas Mahoussi


Depuis 2014, le Baromètre des médias Africains (BMA), est porté par la fondation Friedrich Ebert et l’Institut des Médias d’Afrique Australe. Pour son rapport 2018 sur le Bénin, le BMA a mobilisé 12 experts en vue de passer au crible l’univers médiatique du Bénin. Pour le Dr Wenceslas Mahoussi, il était question pour les experts d’appréhender les médias béninois à travers quatre secteurs : « la liberté de presse, les lois existantes, la régulation de la communication et enfin de voir comment est-ce que les médias béninois exercent les normes de la déontologie au niveau de la pratique médiatique ». Après l’analyse des informations recueillies, il ressort selon le rapport « qu’au Bénin nous avons des textes de loi qui garantissent la liberté de presse, mais la pratique n’est pas toujours ce qui est indiqué, le Bénin a ratifié les instruments internationaux qui garantissent la liberté d’expression, mais il reste à faire concernant l’accès aux sources d’information publique, les autorités au Bénin ont été consultées pour l’ élaboration du Code de l’information et de la communication ce qui n’a pas été le cas du Code du numérique; il évoque également les contrats, des pactes de non-agression entre journalistes et gouvernants et la pratique des per diem dans la presse qui restreint la liberté des journalistes ».

Des points positifs

Le rapport du BMA en tant qu’instrument de mesure impartiale n’a pas relevé que des notes négatives. Il a souligné aussi quelques points de satisfaction à l’actif du Bénin. Selon Dr Wenceslas Mahoussi, il s’agit entre autres « du taux de pénétration de mobile pouvant permettre aux populations d’accéder à l’information et de l’existence des écoles publiques et privées de formation en journalisme dont les curricula sont reconnus par le ministère des enseignements supérieurs ».


                Zakiath Latoundji


Au regard de ces conclusions, Zakiath Latoundji, Vice-présidente de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) n’a pas manqué de reconnaître à l’occasion que « le Baromètre des Médias Africains est un document de référence pour les professionnels des médias, les décideurs politiques, organisations de la société civile, les institutions internationales coopérantes dans le secteur de la gouvernance et tous les consommateurs de produit de presse ».  Pour elle « les résultats en disent bien long sur l’état de notre presse.  Les éléments évoqués dans chacun des secteurs d’analyse figurant dans ce rapport restent un diagnostic pas très reluisant ». Alors, Zakiath Latoundji a invité « les acteurs à divers niveaux à œuvre à faire du baromètre des médias un instrument de lobbying et de plaidoyer pour sa mise en œuvre dans le secteur des médias. Les changements positifs relevés dans ce rapport pendant ces trois, quatre années méritent d’être encouragés et travailler à ce que les éléments négatifs deviennent des éléments positifs ».

Pour l’indépendance et la viabilité des médias, un panel de discussion a eu lieu entre Georges Amlon, journaliste;  Vincent Foly, Directeur de la publication de la Nouvelle tribune; Anselme Amoussou, Secrétaire Général de la Centrale des Syndicats Autonomes du Bénin ( CSA-Bénin); Bertrand Meglétho , Directeur de la télévision Carrefour et Gérard Guèdègbé, Expert en stratégies médias et communication autour du thème « indépendance et viabilité des médias au Bénin »

Téléchargez ICI le Rapport du Baromètre des Médias Africains (BMA) Bénin 2018

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