Hans-Joachim Preuss

Hans-Joachim Preuss

Hans-Joachim Preuss est le représentant résident de la Friedrich-Ebert-Stiftung à Cotonou/Bénin et co-animateur de ce blog.

L'Afrique et la Covid-19 : A la recherche de nouvelles stratégies économiques ?

Il est encore trop tôt pour dire dans quel sens le virus va se propager sur le continent africain. Pourtant, en une soixantaine de contributions au cours des trois mois et demi écoulés, ce blog a jusqu’à présent tracé son chemin, décrivant la situation critique des femmes du marché au Cameroun et le fardeau des migrants en Afrique de l’Ouest ; soulignant les menaces qui en découlent pour la liberté de la presse partout dans le monde et le modèle commercial des institutions religieuses au Nigeria ; en examinant comment les conflits au Mali, au Sud Soudan et dans la Corne de l’Afrique sont exacerbés par la pandémie et comment la Chine adapte sa stratégie africaine à la Covid-19 ; mais aussi en montrant comment les pays africains ont appris à lutter contre de multiples maladies et comment la photographie africaine commence à « s’approprier ses histoires » ; et en nous fournissant des perspectives féministes et des prescriptions économiques.

Dans de nombreux pays, les taux d’infection augmentent à un rythme alarmant, dans d’autres, ils diminuent, dans d’autres encore, le nombre de personnes infectées chaque jour reste le même. Un examen plus approfondi des statistiques respectives révèle que certains jours il n’y a aucun rapport, que les chiffres sont parfois corrigés rétrospectivement ou que le cours des événements semble erratique, ce qui est plutôt atypique pour les pandémies. A l’exception des Etats insulaires tels que Maurice et Cap-Vert, le nombre de tests pour un million d’habitants est inférieur à la moyenne au plan mondial ; un tiers des pays africains ne déclarent pas du tout le nombre de tests effectués. Ainsi, les déclarations sur la propagation du virus dans les populations respectives ne sont pas très significatives et cachent la réalité. Heureusement, les décès sont encore relativement bas, ce qui est en partie dû à la forte proportion de jeunes.

Au niveau national, les gouvernements continuent généralement de se concentrer sur la gestion des crises. La principale préoccupation est de soigner les malades et d’entretenir les quelques unités de soins intensifs, de mettre en place des mesures sociales pour les personnes directement touchées et de préparer des mesures de soutien au secteur privé. Dans une grande mesure, cela se fait avec l’aide de partenaires étrangers, soit bilatéralement, soit avec des institutions multilatérales. L’assistance technique et la facilitation du service de la dette par le biais de moratoires sur les intérêts et le rééchelonnement des remboursements de prêts sont au premier plan des discussions.

Peu de réflexions officielles sont faites sur les conséquences économiques et sociales à moyen et à long terme de la pandémie mondiale. Cependant, il est vrai que le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques et l’Union Africaine publient constamment de nouveaux chiffres sur la mesure dans laquelle la contraction des économies en Europe, en Asie et en Amérique affectera les taux de croissance du continent dans les années à venir. Le FMI estime et s’attend à ce que la production économique du continent diminue jusqu’à 2% cette année. Il y a seulement six mois, une croissance de 5% était prévue. Avec une croissance démographique annuelle de 2,7%, les revenus moyens sont soumis à de graves tensions…

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