Richard Worthington

Richard Worthington travaille dans le secteur des ONG sud-africaines depuis 1996, après avoir quitté l'Afrique du Sud après avoir obtenu un baccalauréat à Wits en 1984. Après 12 ans de travail avec Earthlife Africa Johannesburg, il a dirigé le WWF-SA Climate Change Program pendant cinq ans jusqu'en 2013. Il a récemment rejoint la Friedrich-Ebert-Stiftung, bureau de Johannesburg, en tant que chef du programme sur les politiques climatiques et énergétiques.

Le COVID-19 et les défis pour amorcer le changement en Afrique du Sud

Les sud-africains se sont nourris de beaucoup d’optimisme au cours des dernières semaines, ce qui se reflète peut-être le plus clairement dans les médias progressistes. La réponse décisive du Président Ramaphosa et de son gouvernement à l’arrivée de Covid-19 en Afrique du Sud a été accueillie comme un changement bienvenu ; une pause de l’inaction sur de nombreux fronts, résultant en grande partie de l’aliénation du pouvoir au sein du parti au pouvoir, alors que l’économie allait de mal en pis. Il y avait presque de la jubilation à la représentation politique ainsi exposée.

Il y avait beaucoup de spéculations selon lesquelles, l’orthodoxie économique étant devenue hors de propos, la réponse à la pandémie servirait à déclencher un changement transformationnel, motivée par un engagement renouvelé à mettre la population au premier plan. Il a été suggéré que l’apparition d’une injustice sociale durable – rendue banale par la reconnaissance systématique de notre « triple défi » du chômage, de la pauvreté et des inégalités – et couplée à une reconnaissance de la cause commune face à « l’ennemi invisible », pourrait générer un soutien pour un nouveau pacte social.

Moins de deux mois plus tard, on constate une indignation croissante face aux échecs persistants dans la mise en œuvre des mesures de secours les plus rudimentaires. Les invocations de solidarité sociale sonnent creux alors que plus de 70 000 soldats sont mobilisés pour soutenir l’application des décrets du gouvernement qui défient notre Constitution louée, portant des armes plutôt que des colis de nourriture. Il existe de plus en plus de preuves que les restrictions maintenues par le gouvernement sont plus préjudiciables à la majorité des sud-africains que tout impact prévu de la pandémie. A défaut de ne pouvoir réagir efficacement face à l’augmentation rapide de la faim et du dénuement l’on se moque des appels à la « distanciation sociale », en particulier dans les agglomérations à forte densité, où la foule se rassemblant pour obtenir les secours disponibles annihilent le but du confinement.

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