Fred Muhumuza

Fred Muhumuza

Fred Muhumuza est un analyste et chercheur en politique de développement qui se consacre à la formulation de politiques publiques et de cadres de mise en œuvre qui garantissent une croissance inclusive. Il travaille en étroite collaboration avec les gouvernements, la société civile et les partenaires au développement/bailleurs de fonds. Il enseigne à l'école d'économie de l'université de Makerere, Ouganda.

Le Covid-19 expose les lignes de faille dans les canaux reliant les résultats de l'aide et du développement en Afrique

Un fait à propos de la pandémie de la Covid-19 est son impact sur les personnes souffrant d’affections sous-jacentes qui annihilent même les meilleurs efforts médicaux. Ceci est également vrai pour de nombreuses économies africaines qui ont des faiblesses sous-jacentes dans la prestation de services et qui n’ont pas pu réaliser avec succès l’utilisation des ressources locales et étrangères pour une croissance inclusive avec impact, alimentant ainsi les discussions sur la meilleure façon de canaliser efficacement l’aide au développement. La plupart des pays ont des lacunes flagrantes dans leurs politiques et dans leurs pratiques qui ont entraîné des faiblesses institutionnelles, la corruption et la mauvaise gouvernance. Le continent doit encore créer des structures politiques et un système économique qui identifient les priorités de développement et conçoivent les bons mécanismes de planification et de mise en œuvre avec un suivi et une obligation de compte rendu appropriés.

Vers la fin du siècle dernier, la pauvreté et les vulnérabilités persistantes en Afrique avaient déclenché des approches qui allaient au-delà de la simple injection de financements supplémentaires au développement pour inclure la réforme des politiques et des institutions gouvernementales. L’Ouganda a joué un rôle de premier plan dans l’achèvement du Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté, qui prévoyait de nombreux allégements de dette dans le cadre des Pays Pauvres Très Endettés et de l’Initiative d’Allégement de la Dette Multilatérale. La logique sous-jacente était de mettre en commun toutes les ressources (locales et étrangères), de renforcer la capacité des gouvernements à planifier, mettre en œuvre, opérer la gouvernance et respecter les droits de l’homme, puis rendre compte plus tard à toutes les parties prenantes. Les ressources des donateurs ont été retirées de la prestation directe de services en dehors des systèmes gouvernementaux, et la Société Civile (surtout les organisations non-gouvernementales) a dû réorienter ses efforts vers la sensibilisation des communautés pour un suivi conjoint et une demande d’obligation de compte rendu. L’appui aux projets a cédé la place à l’appui budgétaire, qui était censé offrir une plus grande flexibilité et la capacité de poser des actes convenus de commun accord…

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