Du 03 au 06 août s’est tenue à Lokossa l’édition 2020 de l‘Académie Syndicale. Organisée par la Fondation Friedrich Ebert en partenariat avec les organisations syndicales, elle a réuni des jeunes leaders syndicaux du Bénin autour du thème, « l’employabilité des jeunes et l’avenir du travail au Bénin: quelles implications pour les organisations syndicales ».

La position des jeunes leaders syndicaux au sujet de l’employabilité des jeunes et l’avenir du travail au Bénin est désormais connue. C’est à l’issue de quatre jours de travail qui ont eu lieu à Lokossa du 03 au 06 août 2020  à l’occasion de la 3e édition de l’Academie syndicale organisée par la FES en collaboration avec les centrales syndicales.

À l’ouverture de cette rencontre annuelle, il était important pour la chargée de programme Nouratou Zato, représentant le représentant résident de la Fondation Friedrich Ebert au Bénin de rappeler le contexte.  Selon elle, « il y a environ soixante-treize mille jeunes qui sortent chaque année de nos universités sans pouvoir s’insérer». Au regard de ces chiffres qui renseignent sur l’employabilité au Bénin, elle a attiré l’attention des participants sur le fait que nous sommes en plein dans une problématique qui nous interpelle tous et qui plus est, les organisations syndicales. Pour ce faire, la troisième édition de l’Academie syndicale s’est attelée à donner aux jeunes leaders syndicaux, les outils dont ils ont besoin pour apporter leur contribution à la réduction du chômage des jeunes au Bénin.  Ainsi, à travers différents panels et des échanges interactifs, les participants ont été instruits sur les nouveaux enjeux de l’employabilité des jeunes et ont pris conscience du rôle qui leur revient dans l’impulsion d’un nouveau dynamisme de la jeunesse face aux enjeux de l’emploi.

Regard des jeunes leaders syndicaux sur la question de l’employabilité

La problématique de l’employabilité passée au crible au cours des divers travaux n’a pas tardé à donner des résultats probants. Un comité de réflexion issu des échanges dans le cadre de la séance de « word café » à l’occasion de cette Academie syndicale a procédé à l’adoption d’un document de prise de position des participants en réponse à la problématique de l’employabilité des jeunes. Il relève dudit document que l’emploi des jeunes au Bénin se caractérise entre autres par « un difficile accès des jeunes à l’emploi dû à une inadéquation de la formation-emploi sous fond de manque qualification et de compétences. Mais aussi par un manque d’informations relatives aux opportunités d’emploi ». Pour les participants, le défi pour les jeunes par ces temps de crise du chômage reste « la connaissance de techniques nouvelles, le dynamisme, le pragmatisme, l’adaptabilité au changement et un certain savoir -être ». Par ailleurs, ils ont pointé d’un doigt accusateur la faiblesse du tissu économique à créer des emplois. Pour eux, « le niveau relativement élevé de sous-emploi, le manque d’opportunités d’emplois, la fragilisation de l’emploi par la loi sur l’embauche, les risques liés au chômage qui poussent les jeunes à l’immigration, le caractère supérieur des demandes d’emploi par rapport à l’offre, l’inadéquation entre la formation et le marché de l’emploi sont des éléments qui confirment la faiblesse du tissu économique à créer des emplois ».

Une prise de position pour changer la donne

La question de l’emploi touche en majorité des jeunes et il revient à cette couche d’en prendre conscience en vue de travailler pour l’amélioration de leur condition. C’est pourquoi au regard des constats faits à l’occasion de cette troisième édition, les jeunes Leaders syndicaux se sont engagés à  sensibiliser les élèves et étudiants à s’orienter vers l’entrepreneuriat, à encourager les jeunes porteurs de projets, de même qu’à créer un creuset syndical d’échanges pour l’émulation de l’entrepreneuriat chez les jeunes. À l’adresse des responsables syndicaux, ils ont suggéré une synergie d’actions syndicale pour plus d’impacts, notamment la mise en place d’un creuset commun à toutes les centrales pour informer les jeunes sur les opportunités d’emploi qu’offre le marché du travail. Ils n’ont pas manqué aussi de demander au gouvernement la relecture des curricula de formation, la relecture de la loi sur l’embauche pour mieux rassurer l’employé dans son travail.

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