Le jeudi 22 octobre 2020 a eu lieu au Business Promotion Center de Calavi, la première tribune des syndicats 2020, « Comprendre pour mieux agir » de la Fondation Friedrich Ebert en partenariat avec les organisations syndicales du Bénin.

Dr Hans-Joachim PREUSS Représentant Résident de la FES

« Transformation structurelle des syndicats au Bénin : quelle contribution pour les jeunes et les femmes leaders ? », c’est la thématique au cœur de la Tribune des syndicats organisés par la Fondation Friedrich Ebert Bénin en collaboration avec les organisions des travailleurs du Bénin. L’initiative a réuni jeudi 22 octobre dans la commune d’Abomey-Calavi, les acteurs du monde syndical, les jeunes et les femmes venus d’horizons divers pour prendre part aux échanges. Premier numéro de l’année 2020, cette tribune vise selon Nouratou Zato Koto Yérima, Chargée de programmes à la FES-Bénin à permettre aux différentes catégories de travailleurs de se retrouver et de pouvoir discuter des différents enjeux. Lesquels prennent en compte la question de l’intégration des jeunes et des femmes que le Représentant résident Hans-Joachim Preuss juge de nécessaire.  Pour lui, « relever ce défi permettra aux syndicats d’avoir une meilleure représentation de la population ».

Difficile mobilisation des jeunes et femmes

Consultant de la FES pour « l’audit du paysage syndical au Bénin », Dr Azizou Chabi Imorou dans ses propos liminaires sur ‘’ les enjeux liés à la mobilisation des jeunes et des femmes dans les syndicats ’’, a trouvé très opportune cette initiative de la Friedrich Ebert Stiftung qui permet de relancer le débat.  À l’en croire, « il y a une pesanteur, une tendance lourde qui fait que quand on prend les catégories hommes et les catégories femmes, il y a un désengagement, un fort désintérêt pour le militantisme syndical. Cela est encore plus vrai avec les conditions que nous vivons aujourd’hui qui a tendance à précariser ces catégories-là ».

Pour permettre une mobilisation des jeunes et des femmes dans les organisations syndicales, un panel s’est proposé de réfléchir sur la question. Il s’agit de Laurence MONTEIRO de la COSI-Bénin, de Euloge LEZINME de la CGTB, de Estère AGBOTON de la CSA-Benin et de Appolinaire AFFEWE, secrétaire général de l’UNSTB.

Au cours des échanges qui vont durer heure-trente environ, Laurence MONTEIRO a relevé après une profonde analyse que la crise de l’intégration des jeunes et des femmes est liée « au manque de confiance, la perte de conviction, l’abandon des luttes syndicales, la perte des valeurs et surtout pour les femmes, la crainte des représailles familiales ». Le SG Appolinaire AFFEWE pense quant à lui que cette crise est due d’une part à la « précarisation de l’emploi » et d’autres à la perception faite du syndicalisme au Bénin. «Le syndicaliste est vu comme un contestataire, un rebelle. À partir de ce moment, le jeune qui veut militer ne veut pas qu’on lui colle cette étiquette », a-t-il souligné.

Vers une meilleure intégration des jeunes et des femmes

Au regard des obstacles identifiés, le panel a proposé que les organisations syndicales s’adaptent aux défis de notre temps et tiennent compte des préoccupations des jeunes. Ils ont aussi mis un accent particulier sur la formation au militantisme à la base pour susciter des adhésions chez les jeunes et les femmes. Estère AGBOTON de la CSA-Benin a suggéré pour conclure que davantage de responsabilités soient confiées aux jeunes et aux femmes au sein des organisations.

Au terme de ce premier numéro de la « Tribune des syndicats », il était important pour le représentant résident Hans-Joachim Preuss de rappeler aux participants que « les syndicats sont les travailleurs. Et il est nécessaire que le syndicat s’adresse aux travailleurs, montre visiblement qu’il lutte pour les intérêts des travailleurs, mais aussi prouve qu’il n’est pas là pour leur propre intérêt. »

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